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Sadio Ba Gning
Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal, Sociologie, Faculty Member
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Au cœur d’une nécessaire transition humanitaire au Sénégal, la volonté d’autonomisation a été le fil d’Ariane de la gouvernance des organisations de la société civile. Principe fondateur du premier consortium des ONG au Sénégal, elle est... more
Au cœur d’une nécessaire transition humanitaire au Sénégal, la volonté d’autonomisation a été le fil d’Ariane de la gouvernance des organisations de la société civile. Principe fondateur du premier
consortium des ONG au Sénégal, elle est historiquement remise en question par une dépendance à un contexte éthique international et national exigeant. La mise en place d’outils de gouvernance et plus particulièrement de standards de « bonne gouvernance » a été une source permanente de légitimation et un moyen de reconnaissance des ONG. Or, leur faible appropriation et la logique de survie ont fini par saper toute volonté, possibilité et capacité des ONG à être autonomes elles-mêmes et à accompagner les populations à la base dans cette quête.
consortium des ONG au Sénégal, elle est historiquement remise en question par une dépendance à un contexte éthique international et national exigeant. La mise en place d’outils de gouvernance et plus particulièrement de standards de « bonne gouvernance » a été une source permanente de légitimation et un moyen de reconnaissance des ONG. Or, leur faible appropriation et la logique de survie ont fini par saper toute volonté, possibilité et capacité des ONG à être autonomes elles-mêmes et à accompagner les populations à la base dans cette quête.
Research Interests:
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Publication Date: 2014
Research Interests:
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Publication Date: 2013
Research Interests:
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Publication Date: 2011
Research Interests:
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by Philippe Antoine and Sadio Ba Gning
Dans le cadre d’un projet qui vise à comprendre les schémas complexes régissant les relations intergénérationnelles nous revisitons la notion de chef de ménage au Sénégal. Dans ce pays on relève une proportion importante de chefs de... more
Dans le cadre d’un projet qui vise à comprendre les schémas complexes régissant les relations intergénérationnelles nous revisitons la notion de chef de ménage au Sénégal. Dans ce pays on relève une proportion importante de chefs de ménage âgés. Réalité sociale ou illusion statistique ? Le chef de ménage dans la plupart des enquêtes démographiques ou économiques est celui dont l’ensemble des membres du ménage reconnaissent l'autorité. Au Sénégal, pour définir le ménage on utilise le terme "njel" (cuisine) différent du terme "keur" qui concerne la concession. Le "borom njel" est donc celui qui alimente la cuisine c’est-à-dire celui qui prend en charge les frais du repas. Mais prend-on vraiment en considération le chef de ménage ou au contraire le chef de famille, le chef de concession.
Qu’en est-il réellement dans les enquêtes démographiques ? La notion de chef de ménage sera analysée de différentes façons. Au cours d’entretiens approfondis, nous avons recueilli les perceptions et démarches de différents acteurs de la production de données (statisticiens, enquêteurs, etc.) ainsi que des utilisateurs de données (administrations, ONG), les principaux acteurs de l’élaboration de politiques sociales en particulier de lutte contre la pauvreté. Il ressort en particulier des entretiens qu’un double glissement s’opère. Du côté des producteurs de données, ce n’est pas tant le principal contributeur qui est présenté comme chef de ménage, mais plutôt celui qui détient l'autorité morale, le "kilifa". Cette distorsion peut conduire à une interprétation erronée des conditions de vie du ménage en se fiant seulement aux caractéristiques du chef de ménage. Du côté des administrations et des opérateurs sur le terrain, la mise en place de programmes sociaux cible davantage des individus que des ménages. La notion de ménage ne leur semble pas toujours opérationnelle. Par exemple dans le domaine des politiques de lutte contre la pauvreté le ciblage concerne davantage les individus que les ménages. De micro enquêtes ont aussi permis de recueillir la conception du ménage et de son chef par les individus eux-mêmes.
À partir de la description très fine de la situation de quelques ménages sénégalais interviewés spécifiquement pour ce travail, on identifiera le chef de ménage nommé et le (ou la) principal contributeur, afin de mettre en évidence certains décalages de statut. Enfin une ré-analyse du statut des chefs de ménage à partir des données recensement de 2002, permettra de mettre en évidence certaines distorsions. Différentes situations seront examinées de façon approfondie comme les chefs de ménage âgés, la situation des femmes ou encore le cas particulier des ménages de polygame. La notion de chef de ménage est-elle ou non utile à la conception des politiques sociales ?
Qu’en est-il réellement dans les enquêtes démographiques ? La notion de chef de ménage sera analysée de différentes façons. Au cours d’entretiens approfondis, nous avons recueilli les perceptions et démarches de différents acteurs de la production de données (statisticiens, enquêteurs, etc.) ainsi que des utilisateurs de données (administrations, ONG), les principaux acteurs de l’élaboration de politiques sociales en particulier de lutte contre la pauvreté. Il ressort en particulier des entretiens qu’un double glissement s’opère. Du côté des producteurs de données, ce n’est pas tant le principal contributeur qui est présenté comme chef de ménage, mais plutôt celui qui détient l'autorité morale, le "kilifa". Cette distorsion peut conduire à une interprétation erronée des conditions de vie du ménage en se fiant seulement aux caractéristiques du chef de ménage. Du côté des administrations et des opérateurs sur le terrain, la mise en place de programmes sociaux cible davantage des individus que des ménages. La notion de ménage ne leur semble pas toujours opérationnelle. Par exemple dans le domaine des politiques de lutte contre la pauvreté le ciblage concerne davantage les individus que les ménages. De micro enquêtes ont aussi permis de recueillir la conception du ménage et de son chef par les individus eux-mêmes.
À partir de la description très fine de la situation de quelques ménages sénégalais interviewés spécifiquement pour ce travail, on identifiera le chef de ménage nommé et le (ou la) principal contributeur, afin de mettre en évidence certains décalages de statut. Enfin une ré-analyse du statut des chefs de ménage à partir des données recensement de 2002, permettra de mettre en évidence certaines distorsions. Différentes situations seront examinées de façon approfondie comme les chefs de ménage âgés, la situation des femmes ou encore le cas particulier des ménages de polygame. La notion de chef de ménage est-elle ou non utile à la conception des politiques sociales ?
Location: Ouagadougou
More Info: Coauthors: Sadio Ba Gning, Fatou Binetou Dial
Organization: AIDELF
Conference End Date: Nov 15, 2013
Conference Start Date: Nov 12, 2013
Research Interests:
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Cadre de la recherche : Dans un contexte de faible solidarité institutionnelle au grand âge, les solidarités intergénérationnelles familiales sont confrontées au défi du vieillissement rapide de la population. Les hommes et les femmes... more
Cadre de la recherche : Dans un contexte de faible solidarité institutionnelle au grand âge, les solidarités intergénérationnelles familiales sont confrontées au défi du vieillissement rapide de la population. Les hommes et les femmes sont amenés à connaître des périodes de vie de plus en longues, souvent marquées par la dépendance. Fortement présentes, les solidarités intergénérationnelles s’expriment de manière inégale suivant le genre et la génération des personnes âgées et des aidants. Au sein de la famille, les femmes occupent une place centrale en tant que principales pourvoyeuses d’aide pendant que les hommes sont perçus comme des contributeurs monétaires importants.
Objectifs : Le présent article réinterroge les rôles classiques et les changements de statut entre personnes âgées et aidants à travers la parentalité et la belle-parentalité. Le premier aspect de cette recherche s’intéresse à la relation entre beaux-parents et beaux-enfants de genre différent, tandis que le second évoque la relation qui implique parents et enfants de même genre dans un rapport d’aide.
Méthodologie : L’analyse s’appuie sur des données croisées d’enquêtes ethnographiques comparées entre le milieu rural et le milieu urbain, au nord et au centre du Sénégal. La collecte fait état de 70 entretiens dont 50 ont été réalisés avec des parents âgés et 20 avec des aidants adultes. Cet échantillon qualitatif est marqué par la prédominance des femmes âgées au moins de 60 ans, dont 3 sont âgés de 80 ans ou plus. Elles sont veuves, veuves remariées ou épouses dans des ménages polygames. Les hommes âgés entre 60 et 75 ans constituent moins du tiers de l’échantillon global, soit huit individus.
Résultats : L’étude révèle une persistance des inégalités de genre et de génération dans les solidarités intergénérationnelles. Elle met en évidence des temporalités du vieillissement progressif et différentiel entre hommes et femmes ainsi que de nouvelles configurations du statut d’aidant, à travers les figures de l’épouse active et de l’aîné masculin déchu. Les modalités de l’aide aux parents âgés, négociées au quotidien, ont tendance à s’inscrire dans des stratégies individuelles et de couple. Par la délégation des activités du care et l’investissement social et financier dans des relations familiales, les femmes actives parviennent à atténuer le poids de l’aide et le conflit de rôles (mère, épouse, fille, belle-fille, etc.) qui compromettent leur statut d’aidant. Pour être reconnues, elles ne se limitent plus à une seule relation d’assistance de proximité à leurs parents et beaux-parents vieillissants. Pour leur part, les hommes sont amenés à se déployer sur d’autres formes d’aides que financière (les attentes familiales restant cependant plus fortes dans ce domaine).
Conclusion : Les inégalités de genre et de génération persistent malgré les changements de rôles observés chez les aidants. La figure de l’aîné, qui continue d’être pensée au masculin, reflète la forte prégnance des normes sociales sur les pratiques, en dépit d’une féminisation importante du travail.
Contribution : Cette recherche contribue à une meilleure connaissance des recompositions des solidarités familiales concernant le vieillissement, sous le prisme des logiques de genre et de génération, en prenant en compte les trajectoires individuelles, de couple et familiales.
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« Men And Women From The Eldest To The Youngest: The Recomposition Of The Status Of Helper And Intergenerational Family Unity In Senegal »
Research framework: Given the setting of weak institutional unity for the elderly, intergenerational family ties are now, more than ever, being challenged by a rapidly ageing population. Men and women are living longer lives that are marked by dependence. Though these intergenerational ties remain strong, they are expressed differently depending on gender and the generation of the elders in question—as well as their helpers. Within families, women play a pivotal role as the main providers of help whereas men are perceived as being the providers of funding.
Objectives: This article re-examines the traditional roles and the changes of status which occur between the elderly and their helpers as parents and in-laws. The first aspect of our research delves into the relationship between in-laws and their children of different genders. The second looks at the relationship involving parents and children of the same gender in a helper relationship.
Methodology: Our analysis is based on cross referenced ethnographic data that compares rural and urban areas in the north and south of Senegal. The data was collected via 70 interviews, 50 of which were conducted with elderly parents and 20 adult helpers. This qualitative sample is predominantly marked by women under the age of 60 though there were also three women over the age of 80. The women were either widows, remarried widows or married in polygamous households. The men ranged in age between 60 and 75 years of age, making up a third of the overall sample (eight individuals).
Results: The study showed a persistence of gender and generational inequality in the intergenerational unity. It highlights the temporality of progressive ageing and the differences between men and women as well as the new configurations of the helper status through the models of the active wife and needful elderly men. The modes of helping elderly parents, which are negotiated on a daily basis, have a tendency to be considered as either individual or couple strategies. Through the delegation of care activities and social and financial investments in family relations, active women bear the lion’s share of help and conflicting roles (mother, wife, step daughter, etc.) which compromise their status as a helper. To be recognized as such, these roles are not limited to a single close helper relationship for their own ageing parents as well as for their in laws. Men are also being encouraged to implicate themselves more than just financially despite family expectations remaining strong in this aspect.
Conclusion: Gender and intergenerational inequalities persist despite observed changes to the roles of helper. The elderly figure, still thought of as being male, reflects the pervasiveness of social norms related to behaviour despite the significant increase of women in the workforce.
Contribution: This research contributes to a better understanding of the recomposition of family unity and ageing from the perspective of gender and generational logic, taking into account the individual trajectories of couples and families as a whole.
Objectifs : Le présent article réinterroge les rôles classiques et les changements de statut entre personnes âgées et aidants à travers la parentalité et la belle-parentalité. Le premier aspect de cette recherche s’intéresse à la relation entre beaux-parents et beaux-enfants de genre différent, tandis que le second évoque la relation qui implique parents et enfants de même genre dans un rapport d’aide.
Méthodologie : L’analyse s’appuie sur des données croisées d’enquêtes ethnographiques comparées entre le milieu rural et le milieu urbain, au nord et au centre du Sénégal. La collecte fait état de 70 entretiens dont 50 ont été réalisés avec des parents âgés et 20 avec des aidants adultes. Cet échantillon qualitatif est marqué par la prédominance des femmes âgées au moins de 60 ans, dont 3 sont âgés de 80 ans ou plus. Elles sont veuves, veuves remariées ou épouses dans des ménages polygames. Les hommes âgés entre 60 et 75 ans constituent moins du tiers de l’échantillon global, soit huit individus.
Résultats : L’étude révèle une persistance des inégalités de genre et de génération dans les solidarités intergénérationnelles. Elle met en évidence des temporalités du vieillissement progressif et différentiel entre hommes et femmes ainsi que de nouvelles configurations du statut d’aidant, à travers les figures de l’épouse active et de l’aîné masculin déchu. Les modalités de l’aide aux parents âgés, négociées au quotidien, ont tendance à s’inscrire dans des stratégies individuelles et de couple. Par la délégation des activités du care et l’investissement social et financier dans des relations familiales, les femmes actives parviennent à atténuer le poids de l’aide et le conflit de rôles (mère, épouse, fille, belle-fille, etc.) qui compromettent leur statut d’aidant. Pour être reconnues, elles ne se limitent plus à une seule relation d’assistance de proximité à leurs parents et beaux-parents vieillissants. Pour leur part, les hommes sont amenés à se déployer sur d’autres formes d’aides que financière (les attentes familiales restant cependant plus fortes dans ce domaine).
Conclusion : Les inégalités de genre et de génération persistent malgré les changements de rôles observés chez les aidants. La figure de l’aîné, qui continue d’être pensée au masculin, reflète la forte prégnance des normes sociales sur les pratiques, en dépit d’une féminisation importante du travail.
Contribution : Cette recherche contribue à une meilleure connaissance des recompositions des solidarités familiales concernant le vieillissement, sous le prisme des logiques de genre et de génération, en prenant en compte les trajectoires individuelles, de couple et familiales.
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« Men And Women From The Eldest To The Youngest: The Recomposition Of The Status Of Helper And Intergenerational Family Unity In Senegal »
Research framework: Given the setting of weak institutional unity for the elderly, intergenerational family ties are now, more than ever, being challenged by a rapidly ageing population. Men and women are living longer lives that are marked by dependence. Though these intergenerational ties remain strong, they are expressed differently depending on gender and the generation of the elders in question—as well as their helpers. Within families, women play a pivotal role as the main providers of help whereas men are perceived as being the providers of funding.
Objectives: This article re-examines the traditional roles and the changes of status which occur between the elderly and their helpers as parents and in-laws. The first aspect of our research delves into the relationship between in-laws and their children of different genders. The second looks at the relationship involving parents and children of the same gender in a helper relationship.
Methodology: Our analysis is based on cross referenced ethnographic data that compares rural and urban areas in the north and south of Senegal. The data was collected via 70 interviews, 50 of which were conducted with elderly parents and 20 adult helpers. This qualitative sample is predominantly marked by women under the age of 60 though there were also three women over the age of 80. The women were either widows, remarried widows or married in polygamous households. The men ranged in age between 60 and 75 years of age, making up a third of the overall sample (eight individuals).
Results: The study showed a persistence of gender and generational inequality in the intergenerational unity. It highlights the temporality of progressive ageing and the differences between men and women as well as the new configurations of the helper status through the models of the active wife and needful elderly men. The modes of helping elderly parents, which are negotiated on a daily basis, have a tendency to be considered as either individual or couple strategies. Through the delegation of care activities and social and financial investments in family relations, active women bear the lion’s share of help and conflicting roles (mother, wife, step daughter, etc.) which compromise their status as a helper. To be recognized as such, these roles are not limited to a single close helper relationship for their own ageing parents as well as for their in laws. Men are also being encouraged to implicate themselves more than just financially despite family expectations remaining strong in this aspect.
Conclusion: Gender and intergenerational inequalities persist despite observed changes to the roles of helper. The elderly figure, still thought of as being male, reflects the pervasiveness of social norms related to behaviour despite the significant increase of women in the workforce.
Contribution: This research contributes to a better understanding of the recomposition of family unity and ageing from the perspective of gender and generational logic, taking into account the individual trajectories of couples and families as a whole.
